Réponse de l’IACE aux critiques du Ministère de L’Emploi par rapport au Rapport National sur l’Emploi

0
1042

NOTE

RAPPORT NATIONAL SUR L’EMPLOI, 3ème EDITION

Suite aux déclarations de Monsieur le Ministre de l’Emploi et de la Formation Professionnelle mettant en cause le travail fait par l’IACE dans le cadre du Rapport National de l’Emploi édité en Septembre dernier, réfutant le chiffre de 107.000 postes vacants et accusant l’IACE de ne pas partager ses sources et les éléments de son enquête, Le Comité Directeur de l’IACE apporte les éclaircissements suivants :

Le premier rapport sur l’emploi qui a servi de modèle à l’IACE est celui publié en 2014 par le Bureau International du Travail, en collaboration avec l’Observatoire National de l’Emploi et des Qualifications, intitulé « Transition vers le marché de travail des Jeunes Femmes et Hommes en Tunisie : Résultats de l’enquêtes auprès des entreprises ».

L’IACE a jugé utile de reprendre ce travail et de le matérialiser par un rapport annuel basé sur une enquête auprès de 1000 entreprises de divers secteurs, pour combler le vide laissé par l’Observatoire National de l’Emploi et des Qualifications qui est normalement en charge de développer une base de données d’informations sur le marché de l’emploi et d’en diffuser les résultats et les analyses.

L’IACE ne peut que regretter cette mise en cause de la part du Ministre de l’Emploi qui au lieu de chercher à construire sur ce travail a préféré dénigrer le rapport de notre institution qui depuis plus de trente ans contribue aux politiques publiques liées au développement de l’entreprise, à travers des travaux et publications dont la rigueur scientifique ne saurait être remise en cause. Comme pour tout travail d’enquête, toutes les données sur la méthodologie et les caractéristiques de l’échantillon, de l’enquête sur l’emploi, sont accessibles à tous sur le site de l’IACE. Ainsi, et contrairement aux affirmations venues dans ces déclarations, c’est la base de données des entreprises enquêtées que l’IACE a refusé de donner au Ministère et cela pour des raisons évidentes de propriété intellectuelle et de confidentialité, d’autant qu’il ne s’agit-là que d’un échantillon d’enquête qui a permis une extrapolation à l’ensemble du tissu des entreprises.

Le Comité Directeur de l’IACE confirme avec force les résultats de ce rapport et les difficultés rencontrées par nos entreprises pour recruter du personnel tunisien qualifié nécessaire à leur développement et il en veut pour preuve le recours de plus en plus important à la main d’oeuvre étrangère dans plusieurs secteurs. Nous invitons le gouvernement à la réforme de la politique de la formation professionnelle, en s’attachant à identifier les besoins réels des entreprises et à mettre en oeuvre des programmes à la carte à l’échelle régionale et sectorielle, en partenariat avec les entreprises qui sont les clients et les bailleurs de la formation professionnelle.

Il est bon de rappeler ici que l’on estime à 300.000 le nombre d’emplois non pourvus en France et à 1 million en Allemagne, chiffres admis par les Ministres de l’Emploi dans ces deux pays.

Consulter le Rapport National Sur l’Emploi